Le requin lutin (Mitsukurina owstoni) est célèbre pour son apparence terrifiante, mais il brille surtout par sa rareté. Ce prédateur préhistorique est si discret que les scientifiques ont mis des années à comprendre précisément quel était son environnement naturel. Alors, où vit exactement ce « fossile vivant » ? Plongée dans les ténèbres de l’océan pour découvrir l’habitat du requin lutin.

Une répartition mondiale, mais des zones très précises
Contrairement à certaines espèces qui restent cantonnées à un seul océan, le requin lutin a une répartition cosmopolite. On le trouve dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique. Cependant, ses apparitions restent extrêmement rares. La grande majorité des observations et des captures accidentelles par des pêcheurs ont eu lieu au large du Japon, plus particulièrement dans la baie de Sagami et la baie de Suruga.
On recense également quelques spécimens sur les côtes de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, ou encore dans le golfe du Mexique, mais ces populations semblent très restreintes, ne dépassant probablement pas quelques dizaines d’individus observables par décennie.
À quelle profondeur vit le requin lutin ?
L’habitat du requin lutin se situe dans la zone mésopélagique, souvent appelée la « zone crépusculaire » de l’océan. Pour rester très prudents face aux données scientifiques actuelles, on estime que la majorité de ces requins évoluent sur la fourchette basse des abysses, c’est-à-dire entre 200 et 270 mètres de profondeur.
À cette profondeur, les conditions sont extrêmes :
- La lumière du soleil ne pénètre presque plus.
- La température de l’eau chute drastiquement.
- La pression atmosphérique est écrasante.
C’est cet isolement dans l’obscurité qui explique pourquoi il est si rarement filmé dans son milieu naturel.
L’influence de la profondeur sur le cycle de vie
Vivre dans les profondeurs océaniques a un impact direct sur le comportement de l’espèce. Le manque de lumière et la rareté des proies imposent un métabolisme très lent. Cet environnement hostile complique également la recherche d’un partenaire. C’est pourquoi la reproduction des requins lutins reste un processus complexe et encore largement énigmatique pour les biologistes marins, les femelles devant trouver des zones de nurserie sûres pour leurs petits.